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De l'origine de la cornemuse au Sac de Gemecs
La cornemuse est un instrument très ancien. On en trouve des traces dès l'antiquité en Egypte.

En Europe, une des plus anciennes représentations est un bas relief daté du IIIème ou IVème siècle représentant un sonneur Gaulois (musée d'Autun). Elle était également l'instrument de l'infanterie Romaine (sous le nom de tibia utricularis).

La cornemuse s'est répandue sous des formes multiples dans de nombreuses parties du monde : en Europe mais aussi dans le Caucase, le Maghreb, le Golfe Persique et l'Inde.

frise romainephotographie d'une frise romaine


XIVème siècle:

Pastoralisme
Retable Notre-Dame de Parlatges,
St-Pierre de la Fage (Hérault)
Le Berger avec son chien et ses moutons
A l'origine il s'agissait d'un instrument pastoral, un hautbois auquel on avait ajouté une poche en peau de bête. Rappelons-nous le chant de Noël « Jouez hautbois, résonnez musette », la musette étant une variante de cornemuse.

Notre Sac de Gemecs ( littéralement:« sac de gémissements ») en est sa version catalane. Sa particularité est que ses trois bourdons ( en ut, sol et do grave) sont orientés vers le bas.

Sa cousine proche de Mallorca porte le nom de Xeremia.

Il existe aussi le sac roussillonnais qui se caractérise par une accroche des bourdons différente.

 

A partir des XIème et XIIème siècles, le sac de gemecs va se développer des deux cotés des Pyrénées.

Les menestrels étaient des musiciens troubadours. Ils étaient soit itinérants et se déplaçaient entre les maisons seigneuriales catalanes, ou bien ils étaient rattachés à la cour d'un monarque.

Un des monarques qui a utilisé les services de ces musiciens était Pierre IV d'Aragon (XIVème siècle). A titre anecdotique : il fait fabriquer pour son fils, l'infant Jòan, une petite cornemuse adaptée à sa taille, dont ce dernier jouait notamment dans les jardins du Palais des Rois de Majorque de Perpignan.

Sacaire Monestir Santes Creus

Sacaire (sonneur) médiéval au Monestir de Santes Creus

 

Les sacaires, d'où le nom de notre groupe : Salanc[=Salanque]'aires[=airs], l'utilisaient dans les anciennes formations (mitge-cobla, cobla de tres quartans) pour jouer les contrapās, sardanes courtes (ancêtres de la Sardane), ball català, etc...

Ils jouaient également de la musique de cour ou solennelle comme l'atteste la gravure ci-dessous montrant à leur sortie de l'Hôtel de Ville des consuls de Perpignan en habits d'apparat en 1787.

Consuls de Perpignan

A partir de 1850, Pep Ventura (Josep Ventura i Casas), de Figueres, avec la complicité de Andreu Toron de Perpignan, révolutionne la danse et la musique, en créant les bases de la Sardane moderne et de l'orchestre correspondant, la cobla actuelle, qui voit malheureusement la disparition de la cornemuse au profit d'autres instruments (fiscorn, trombone, contrebasse...).

Malgré cela, le sac de gemecs s'est maintenu dans nos campagnes jusqu'au début du 20ème siècle.
Quelques rares irréductibles, dont en Roussillon Maties Mazarico de Taurinya, ont tenté de faire survivre cet instrument dans les années soixante. Dans les années 90, l'évolution et l'ouverture du Conservatoire de Perpignan, sous la direction de Daniel Tosi, ont permis à travers les classes d'instruments traditionnels la renaissance du sac de gemecs.

Les musiciens de l'association ELS SALANC'AIRES, tous élèves du Conservatoire de Perpignan-Méditérannée, souhaitent faire redécouvrir et faire vivre cet instrument à la sonorité si riche, notamment lors des festes majors et des trobades de gegants, marchés, foires, concerts, etc...

 

Informations complémentaires : Liens :
Détails Sac de Gemecs MuCEM
CRR Perpignan-Méditérannée Conservatoire de Perpignan-Méditérannée
autres cornemuses Gallica - BNF Bibliothèque National de France
Nos Dossiers
Musiques diverses











 







Image Menestrils

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Définition :

Un ménestrel était une sorte de barde du Moyen-âge européen; il chantait des histoires qui parlaient de pays éloignés ou qui racontaient des événements, réels ou imaginaires. Parfois ils créaient eux-mêmes, souvent ils apprenaient par cœur les récits des autres, quitte à les embellir. Les cours seigneuriales devenant plus raffinées et plus exigeantes, les ménestrels y furent finalement remplacés par des troubadours et beaucoup se firent ménestrels errants, s’adressant au public des villes. Sous cette forme, l’art des ménestrels a continué à être goûté jusqu'au milieu de la Renaissance, bien qu’il n’ait cessé de décliner dès la fin du XVème siècle.

Au commencement, les ménestrels étaient simplement des domestiques des cours seigneuriales (littéralement leur nom signifie justement petits domestiques et vient du bas-latin ministralis, le serviteur) et leur tâche était de distraire le seigneur et son entourage avec des chansons de geste ou leur équivalent local.

Les menestrels en Catalogne :

Aux XIème et XIIème siècles, les maisons comtales catalanes renforcent leurs liens culturels et linguistiques entre les deux versants des Pyrénées, grâce à une suite de noces entre des comtes catalans et des princesses occitanes.
En ces temps de paix et de bien-être social surgissent les troubadours (trobadors) et les joglars, poètes et musiciens, qui, soit
voyagent entre les différentes maisons féodales, soit sont rattaché à un noble en particulier.
Leurs origines sociales sont diverses : certains appartiennent à la noblesse comme le comte Guilhelm de Peitieu, d’autres sont de condition modeste, comme Guiraut de Bornelh.
Ils écrivent des poèmes, généralement pour être chantés, qui exaltent l’amour, la joie et le bonheur.


En 1209, ils arrivent en masse à travers les Pyrénées, fuyant la répression que les nobles du Nord de la France exercent
contre le Catharisme.
La première référence à propos d’une cornemuse en pays catalan apparait dans des écrits des années 1119 et 1131.
Par la suite, selon J. Amades
(ethnologue et folkloriste catalan, 1890-1959), nous trouvons des citations de cornemuses lors des fêtes dédiés à Sant Dionis, célébrées à Valence en 1258. On décrit que, lors de la procession, défilent deux trompettes (dos trompadors), dos tabalers et une cornemuse.
Lors du règne de Pierre IV d'Aragon, dit Pierre le Cérémonieux (Père IV el Cerimonios, 1336-1387), de nombreux documents
attestent de l'utilisation de la cornemuses. On trouve des références de nombreux cornemuseurs, ou sonneurs de cornemuse,
au service de ce monarque :
Pierr IV d'Aragon
Ugoni de la Pelliça : 1345-1353 Guillemi Veguer : 1345-1353
Pere Castelló : 1345-1346 et 1349-1351 Francesch de Muntalba : 1345
Paschual Ferrández : 1346-1347 et 1378-1381 Guillem de Bonach : 1347-1348 et 1352
Johan de París : 1348-1352 et 1354-1356 Jaquet Tricot : 1351-1381
Stefani de Tremfort : 1354-1356 Johani lo Clerch : 1355-1356
Johani lo Gornalet : 1392 Johan lo Gormandell : 1392
      
Les cornemuseurs Johan de Mascho et Père Seguer sont pris au service du rois, dans le seul but de distraire son fils, le petit infant
Jean (Joan l’Abril, 1350-1396) -
qui succèdera à son père de 1387 à 1396 sous le nom de Jean Ier, dit l'Amateur de la gentilhommerie.
Ce dernier n’a alors que 2 ans; deux ans plus tard le roi lui fait fabriquer une petite cornemuse garnie « ...de velours vert ornée des
armoiries royales, avec deux petites clochettes d’or et d’argent... »
.

D'autres sonneurs de cornemuses cités dans divers documents à cette époque :

Menestrels 2 Abgelí lo Llong
Joan de Mascum : 1343
Tomasi de Xaumont : 1372 (avec une petite cornemuse)
Perrinet : 1345
Adamet : 1345
Simon d Ortega : 1346
Andreu Bonach : 1346
Pere Barart : 1346

Lorsque le roi ou les membres de la cour rendent visite aux villes importantes, on organise de grandes fêtes populaires.
Ainsi en 1360, l’infant Joan, devenu adolescent, va visiter Valls, qui est à peine plus petite que Tarragona à cette époque.
Il est reçu et célébré par des vers de trobadors et de joglars, avec des feux d’artifices, aux sons des cloches et autre
manifestations festives.
Lors de ces fêtes de plein air, on fait participer les instruments les plus divers. Les musiciens de cour, qui possédent les
instruments les plus modernes, provoquent alors l’admiration et réveillent la curiosité des musiciens de condition
plus humble. Les uns comme les autres s’efforcent d’améliorer leur répertoire, de perfectionner leur exécution et observent
les innovations (anches, etc…).

L’utilisation de la cornemuse va alors s’étendre, d’abord chez les joglars, puis chez les bergers, enfin, des siècles plus tard elle
sera même utilisée par les mendiants. A cette époque, autant par sa forme que par ses possibilités musicales, c’est un instrument
plus simple que celui que nous connaissons aujourd’hui.
Elle n’a pas de bourdon, alors qu’aujourd’hui elle en possède 3. Les modèles du siècle dernier, conservés en Catalogne, n’en
possèdent que 2 sonores et 1 en garniture.

Pendant le carême, période au cours de laquelle on ne peut exécuter ni danses ni chants festifs, les monarques proffitent pour
envoyer leurs joglars dans les écoles de Flandres ou d’Allemagne, afin qu’il y apprennent de nouvelles musiques.
Ils y échangent leurs expériences avec d’autres joglars du Nord de l’Europe et acquièrent de nouveaux instruments ou de nouvelles techniques de fabrication. Avec le temps, les joglars se spécialisent; on les appele désormais des Menestrels (ministrils).

Les monarques pratiquent alors des échanges de menestrels : on prête un menestrel de bonne réputation ou on en emprunte
un autre quand on se lasse d'entendre toujours le même.
En plus des arabes, la couronne catalano-aragonaise, prend à son service des
menestrils venant de toute l’Europe :
des Castillans, des Anglais, des Allemands, etc…

A partir du moyen-âge, la cornemuse trouve sa place, avec plus ou moins d’importance, dans les coblas de l’époque ainsi que dans l’animation de simples danses et fêtes villageoises, ou pour accompagner les bergers lors des longues transhumances.
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